Le cerveau gauche serait le siège de la raison et du calcul, et le droit, celui des émotions et de l’intuition. Si le premier a été longtemps privilégié, on réalise aujourd’hui que les deux doivent fonctionner ensemble de façon indissociable. Et que vous le vouliez ou non, cela impacte votre communication de recrutement.

Les émotions : des “motivateurs”… ou pas.

Antonio Damasio est professeur de neurosciences, de neurologie, de psychologie, et de philosophie. Il dirige le Brain and Creativity Institute de l’Université de Californie du Sud. Rien que ça. Selon lui, nos mécanismes émotionnels sont aussi ancestraux que le fonctionnement des bactéries. Il explique dans l’émission “La tête au carré” que les émotions et sentiments sont des “motivateurs”. La vie intellectuelle est loin d’être coupée des émotions, bien au contraire. Le mot “émotion” contient l’idée de mouvement : les ressentis motivent la vie intellectuelle.

Riadh Lebib, docteur en neurosciences et consultant chez SBT Human(s) Matter et Richard Beraha, fondateur de RBMediation, ont publié il y a peu un baromètre social émotionnel, basé sur une enquête menée auprès de cadres et salariés. Pour eux, une bonne balance émotionnelle des collaborateurs favorise leur engagement, leur coopération et leur efficience économique.

Emotions et travail : être ou ne pas être (entièrement)

Il a longtemps été “mal vu” de vivre ses émotions au travail. Qui n’a jamais entendu le conseil de les laisser “à la porte du bureau”? La faute à Descartes – pour caricaturer – si on en croit Angelo Soares, Sociologue du travail : “Enracinée dans la culture occidentale, cette vision toute “cartésienne”, fondée sur une opposition entre émotion et raison, “corps” et “âme”, prescrit l’apprivoisement ou l’oubli pur et simple des émotions, pour être “scientifique” ou “objectif” dans l’analyse du travail”, écrit-il dans son article sur la question.

Plus question de reléguer ses émotions à la porte du bureau, ces dernières années on les considère comme des sources de motivation

C’est bien joli tout ça, mais voilà, on ne peut pas refouler ses émotions bien longtemps, et notre société s’en rend compte depuis peu : dissonance émotionnelle, stress, dépression,  burn-out, ou tout simplement désengagement. “Rejeter l’émotion, c’est continuer à avancer sur une route sans tenir compte de la signalisation, c’est courir tous les dangers, jusqu’à risquer l’accident”, écrit Philippe Laurent, conférencier, coach et formateur spécialiste de la question du bonheur au travail.

Les nombreux dysfonctionnements dans la sphère du travail nous ont-ils permis de tirer la sonnette d’alarme? Toujours est-il qu’aujourd’hui, les émotions font de nouveau partie de nos préoccupations. D’où, par exemple, le succès des publications de Christophe André, psychiatre et psychothérapeute “star” spécialiste de ces questions, ou encore le carton plein du film d’animation “Vice-versa” en 2015, centré sur la gestion des émotions.

Le Marketing RH émotionnel au service du recrutement et de la fidélisation des talents

Outre les applications qu’on peut en faire dans le management, le regain d’intérêt pour les émotions peut nous aider à mieux attirer et fidéliser nos talents. Le grand public est prêt pour une communication qui intègre ces émotions, et qui rend vivant votre message. Vous êtes un employeur attractif? Arrêtez de le dire, et montrez-le. Offrez une expérience candidat mémorable à vos futurs collaborateurs, et une expérience collaborateur à la hauteur de leurs espoirs une fois qu’ils auront signé en bas du contrat.

Pour mieux recruter, les communicants spécialisés en marque employeur adoptent des supports de communication "émotionnels"

Comment? Tout simplement en connaissant bien et en améliorant l’expérience réelle de vos salariés, en travaillant votre communication dans ce sens, et en utilisant des supports et formes de communication propices à la transmission d’émotions : témoignages, photo, vidéo, chatbot, storytelling, stratégie d’influence… Tous ces formats qui vous permettent de parler de votre culture d’entreprise implicite et enrichissent votre message “verbal”, rationnel.  Et surtout, en misant sur la qualité des contenus proposés aux candidats et salariés : il est en effet important de bien connaître leurs attentes et de formuler le message dans leurs termes.

On en parle?

Caroline Vincelet
est Consultante en marque employeur digitale au sein de l’agence Trois virgule cinq. Responsable éditoriale et Community manager RH depuis 2011, son expertise se situe à la rencontre des sciences sociales et de la communication. Sa mission est de concevoir et mettre en oeuvre des stratégies de contenus engageantes : de la rédaction web à la construction de communautés sur les réseaux sociaux.